Atomic Cyborg, et le technotype du cyborg

L’action se déroule en 1997, dans le Nouveau-Mexique. Le professeur Mosley dénonce la pollution atmosphérique et combat la construction de nouvelles structures, s’attirant les foudres des industriels, dont un certain Turner, qui cherche à l’éliminer. Pour cela, il recourt à Paco Queruak, un cyborg dont les organes humains ont été remplacés à 70% par de l’électronique. Celui-ci est doté d’une force prodigieuse qui lui permet de tuer ses ennemis à main nue. Toutefois, il ne fait que blesser gravement Mosley, en raison de sa prise de conscience subite de l’acte atroce qu’il était en train de commettre. En effet, Paco était un homme bon avant son accident et il a été reconfiguré pendant plusieurs mois de coma pour devenir une arme de guerre au service d’intérêts criminels. À la suite de son forfait, il prend la fuite et se réfugie dans un motel de l’Arizona où il tombe amoureux de la gérante. Il doit affronter des adeptes de bras de fer qu’il parvient à vaincre en raison de son pouvoir cybernétique. Les hommes de Turner le prennent en chasse et parviennent à le localiser, mais il réussit à les éliminer un à un. Il finit par tuer Turner, son créateur, en lui rappelant qu’il n’est pas possible de changer le cœur d’un homme pour le contrôler. Le film se conclut par un questionnement identitaire de Paco, qui se demande s’il demeure en lui une partie de l’homme qu’il était avant sa transformation.

Le film s’inscrit dans la lignée des films de cyborg popularisés par la série L’homme qui valait trois milliards, et par le film Terminator, auquel certaines scènes font explicitement référence. On voit notamment Paco s’ouvrir le bras afin de manipuler les mécanismes métalliques après s’être blessé, comme dans le film avec Schwarzenegger. Le film reprend aussi certains ressorts scénaristiques sur l’identité du cyborg. Ce dernier est un criminel qui cherche à assassiner le défenseur de l’humanité, en l’occurrence d’une cause écologique. Il est utilisé à des fins négatives, montrant les dérives potentielles d’une telle technologie. L’inspectrice de police qui parvient à déterminer que le crime a été commis par un cyborg ne croit pas en sa théorie au départ dans la mesure où cette technologie n’est pas censée exister. Elle a été développée en secret par un industriel mafieux cherchant à créer des hommes de main plus forts et plus obéissants. Vers la fin du film, Paco doit d’ailleurs affronter la première cyborg, une femme dotée d’une force colossale qui parvient à le blesser grièvement à la tête à l’aide d’un ongle contondant. Le film jette la suspicion sur l’opportunité de promouvoir des recherches sur le cyborgisme si ces dernières doivent mener à la création d’êtres supérieurs physiquement dont la force est orientée vers la satisfaction de basses œuvres.

L’année suivant la sortie de ce film, en 1987, Robocop relançait un certain utopisme technologique vis-à-vis du cyborgisme en envisageant la création d’êtres mi-homme, mi-machines, dans une perspective favorable au maintien de l’ordre. Toutefois, le complexe militaro-industriel OCP, à l’origine de la transformation du policier Murphy, est loin d’être une entreprise positive. Là encore, le cyborg est produit par une structure à la moralité condamnable.

Atomic Cyborg est un film de série B italien qui a contribué à populariser l’idée de cyborg dans la culture pop. Il interroge notamment l’identité d’une telle entité. S’agit-il encore d’un humain, dans la mesure où ses souvenirs et sa personnalité sont modifiés par les éléments bioniques et cybernétiques qui sont ajoutés à son corps ? L’humain originel est en effet considérablement modifié par les prothèses cybernétiques, au point de perdre son humanité. Mais dans Atomic Cyborg, Paco parvient à retrouver une partie de son identité en tombant amoureux d’une femme dans son État d’origine, l’Arizona, montrant que l’humanité peut toujours prendre le dessus sur la froideur instrumentale de la machine grâce à l’amour.

Si les films de série B ont selon Robert Shiller une moindre importance dans l’émergence de faits économiques, il convient toutefois de considérer cette fiction comme un élément d’une grappe archétypique autour du technotype du cyborg. Une véritable mythologie sectorielle s’est développée dans les années 1980 autour de ce personnage qui a servi de modèle à des réflexions sur le futur de la robotique et des techniques de mutation corporelle, dont certaines ont contribué à faire évoluer grandement la médecine.

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